Avis / Critiques/Cinéma

Gone Girl, le dernier film de David Fincher divise : le duel !

La dernière oeuvre de David Fincher, Gone Girl, nous divise. Excellente critique sociale ou fable rocambolesque ? Qu’en penserez-vous…

Ben Affleck, à la recherche de son épouse portée disparue, incarnée par l’excellente Rosamund Pike.

POUR !

Le cinéaste américain David Fincher est devenu au fil des années et des succès (Seven, Fight Club, Panic Room) une valeur sûre d’Hollywood. Spécialiste du thriller et du suspense, Fincher propose ici un film plus subtil, peut-être moins haletant oui, mais qui cache, sous la forme d’une enquête, une peinture acerbe de l’Amérique d’aujourd’hui.
Le jour de leur 5ème anniversaire de mariage, tout bascule. Elle (Rosamund Pike) disparaît. Il (Ben Affleck) est soupçonné, presque déjà accusé. Les médias s’acharnent, les preuves s’amoncellent et font de Lui, l’époux, assassin parfait.
Dans cette descente aux enfers peinte par Fincher, les médias règnent furieusement et sauvagement, presque tout le monde semble corrompu ou mesquin et l’espoir peine à se faire une petite place dans cette vision d’ensemble très sombre. Ce pessimiste exacerbé pourrait être assommant, mais le talent du cinéaste et la très bonne interprétation des deux acteurs principaux rapprochent ce film des récents Maps To The Stars (David Cronenberg) ou Spring Breakers (Harmony Corine) visions poisseuses des Etats-unis d’aujourd’hui . Gone Girl dérange, déroute, se veut parfois étrange, mais fininalement captive de bout en bout tant le scénario, l’intrigue et le contexte social et politique sont formidablement bien amenés par  la mise en scène quasi-irréprochable du cinéaste.
Au final, Gone Girl peint le portrait d’une justice américaine dont la scène n’est plus celle du tribunal mais celle du plateau télévisé. Revenant au titre du livre dont il est l’adaptation, l’oeuvre construit un raisonnement troublant : en situation de trouble, plus qu’assurer sa défense, il faut sauver les apparences.

CONTRE !

David Fincher fait partie de ces cinéastes dont on attend beaucoup à chaque nouveau film. Après des œuvres extrêmement maitrisées et visuellement léchées (Zodiac, L’étrange histoire de Benjamin Button, etc), le réalisateur revient cette année au thriller avec Gone Girl, une adaptation du roman de Gillian Flynn, Les Apparences. Toutes les œuvres littéraires sont-elles bonnes à transposer sur grand écran ? La réponse est non. Car si Gone Girl, bien qu’il recèle de belles idées de mise en scène, toutefois courantes au cinéma de Fincher, il n’est à l’écran qu’une vulgaire fable rocambolesque, où le suspense est rapidement étouffé au profit de rebondissements sordides et vains. Ici, nous sommes loin de l’étouffant mais brillant travail de mise en scène de ses grands thrillers (Seven, Zodiac et même The Game), loin de l’état de délectation submergeant le spectateur, loin de tout ce que l’on attendait de la part du cinéaste. Mais tout n’est pourtant pas raté dans Gone Girl. Il reste la brillante incarnation diabolique de Rosamund Pike, parfaite ensorceleuse. Mais l’interprétation ne fait pas forcément le film et Gone Girl reste un Fincher mineur. Les brillants livres ne font pas toujours un brillant cinéma.

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