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[NOTRE AVIS] Magic in the moonlight, la cuvée 2014 de Woody Allen

A près de 80 ans, et trainant pas loin de quarante longs métrages derrière lui, Woody Allen est à ce jour l’un des vieux sages du cinéma et jouit d’une intarissable jeunesse. Son infatigable appétit le conduit à nous livrer chaque année un nouveau cru. Magic in the moonlight est sa dernière cuvée. Voici pourquoi il s’agit d’un grand millésime.

Magic in the Moonlight Woody Allen Colin Firth critique

Comme souvent dans les bons, voir grands films de Woody Allen, l’impression générale est celle d’un ouvrage appliqué, d’un talent qui n’est plus à prouver, de l’association d’ingrédients qui ont déjà fait leur preuve. Les acteurs sont dirigés avec sobriété et semblent ne pas avoir à pousser leur talent pour donner le meilleur d’eux même. Colin Firth interprète magistralement un magicien mégalo missionné par son ami (rival et collègue) pour démasquer une potentielle imposture.  Emma Stone (assez irrésistible) obscure prestidigitatrice, est accueillie par une riche famille du sud de la France et anime des séances de spiritisme où elle communique avec les esprit. Dans cet univers qui restitue à merveille l’ambiance des années 1920, les deux comédiens principaux offre une composition très juste et amusée. De cette intrigue propice à tous les gags de la comédie classique, Woody Allen nous emmène au sein d’un tortueux parcours philosophique au sein duquel les scènes d’humour rivaliseront avec les réflexions sur l’existence. Jamais moraliste ou ronflant, le film questionne sur les illusions de l’existence et le sens d’un certain enchantement face au matérialisme froid du monde dans lequel nous vivons. Le grand magicien Wei Ling Soo, alias Stanley Crawford, se retrouve ébranlé dans ses certitudes, lui qui se plait à endosser le costume de vedette proférant sans cesse de grands sermons sur la vie.

Les dialogues ont toujours été le point fort du cinéma de Woody Allen, alliant son célèbre humour juif new-yorkais à un talent littéraire cinglant. Dans Magic in the moonlight, il propose un mélange de maximes pseudo-métaphysiques, de répliques d’une grande efficacité humoristiques, le tout pétris dans une langue soutenue et délicate, propre à la grande bourgeoisie du début du siècle dernier. Si Woody Allen est si doué, et s’il sait nous surprendre encore et toujours c’est aussi parce qu’il manie avec malice tout ce qui constitue le langage cinématographique. De la superbe photo signée par Darius Khondji (Amour, The immigrant), à la composition des plans, en passant par le soin apporté aux décors, tout ici est l’ouvrage d’un grand cinéaste qui n’a plus rien à prouver, qui s’amuse et nous ravit. On pourra toujours reprocher à Woody Allen de ne pas se renouveler ou de ne pas bousculer les canons du cinéma, il n’en demeure pas moins qu’à ce jour il est l’un des faiseurs de film les plus besogneux et les plus fructueux qui soit, et Magic in the moonlight est probablement l’un de ses meilleurs films depuis Match Point.

Magic in the Moonlight Woody Allen Colin Firth poster

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