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[NOTRE AVIS] Bande de filles, de Céline Sciamma

Rendez-vous était donné en salle le 22 octobre pour le 3ème long métrage de Céline Sciamma, Bande de Filles. Une nouvelle plongée dans l’univers de la jeunesse, si cher à la cinéaste.

Bande de filles celine sciamma

Comme les retraités ou les chômeurs, les jeunes sont devenus peu à peu une classe politique à part entière dont les pouvoirs publics auraient à cœur d’assurer l’avenir et d’améliorer le présent. Conséquence d’une utilisation (pour ne pas dire manipulation) de la communication politique, la jeunesse de ce pays est plus souvent considérée sous l’angle des difficultés auxquelles elle est confrontée, qu’aux 1001 ressources dont elle dispose. Bande de filles s’attaque ici à ce sujet et tente de nous montrer comment, dans un contexte dur et semé d’embûches, cette jeunesse regorge de vie et de potentiel.

La réalisatrice du très touchant Tomboy s’est attelé ici à nous montrer la complexité de cette réalité sociale qu’est la vie des jeunes femmes de banlieues où règnent encore une forte domination masculine. Nos jeunes héroïnes sont soumises au poids des normes (peut-on sortir avec l’ami de son grand frère ?), au poids du collectif (quasi impossibilité de s’opposer au groupe), à la présence incontournable de la violence, tout ceci dans un contexte où les figures tutélaires de l’autorité (parents, profs, police, religion…) sont absentes.

La jeune Marième est prise dans les tourments de l’adolescence et du remue ménage identitaire. Dans ce contexte elle rencontre un jeune garçon, avec qui elle rêve à une impossible idylle, ainsi que trois amies qui accompagneront sont tumultueux parcours le temps d’un été. Sciamma filme la joie, l’errance, l’ennui, la douleur, la souffrance, l’espoir comme le désespoir et emmène le spectateur dans un flot de sentiments contraires. De l’empathie à l’incompréhension, l’on s’identifie à cette jeune bien qu’elle puisse nous agacer ou nous décevoir par moment.

Bande de filles Celine Sciamma Cannes 2014

Si la cité est parfois filmée avec une légère distance esthétisante, ce qui éloigne la cinéaste du réalisme d’un cinéaste comme Abdelatif Kechiche (l’Esquive), Céline Sciamma parvient néanmoins à nous plonger au cœur des paradoxes qui traversent cette jeunesse. Ouvertement passionnés par le corps (physique et dramaturgique) des femmes, Sciamma nous promet néanmoins un prochain film où la figure masculine sera plus centrale.

L’énergie débordante de la réalisatrice la pousse à vouloir traiter de nombreux thèmes dans un seul et même film, là où ce dernier aurait peut être gagné à être plus centré sur le personnage principale de Vic et donc pluscourt (comme l’était Tomboy et La naissance des pieuvres). Bande de filles n’en reste pas moins un nouveau film  qui nous donne confiance dans l’avenir du jeune cinéma français.

 

Affiche Poster Bande de filles Celine Sciamma Cannes 2014

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